Les cambistes ont donc été contraints de négocier les paires de devises en se souciant au plus haut point des discussions en Grèce pendant que Hollande en France s'érige désormais en aiguillon de l'anti-austérité. Voilà en filigrane comment le forex trading oscille, au gré des communiqués ayant trait aux enjeux politiques. La haute finance regarde de facto avec crispation la diplomatie européenne. Plus que jamais, l'euro zone est entrée dans une phase de turbulences à même de faire éclater le système monétaire unique. Au final, le dollar refuge est plébiscité et la paire phare du marché des changes revient sur des niveaux de mi-janvier.
Compte tenu du résultat du scrutin hellène voici 10 jours, les instances nationales en essayant de créer un gouvernement se sont heurtées au travail de faire passer un chameau par le trou d'une aiguille. En somme, l'impasse des législatives conduit fatalement à provoquer un nouvel appel aux urnes des citoyens si d'ici jeudi l'échec perdure. Pour autant la grogne monte inexorablement sur le vieux continent face à ces cures d'austérité trop intenses. Il y va de manifestations de plus en plus violentes en Espagne, en Italie, en Grèce évidemment. Par l'élection du socialiste dans l'Hexagone, beaucoup espèrent en effet que le Président de la République fraîchement désigné saura faire entendre raison à Berlin. C'est pourquoi demain lors de sa rencontre avec Merkel, le chef de l'état portera les espoirs d'une Europe acculée par les mesures draconiennes afin de résorber l'endettement. Les peuples mettent le Français au pinacle... Pourtant, outre-Rhin bien que la chancelière (qui a subi un cuisant revers hier dans les urnes dans un scrutin régional) ait annoncé son souhait d'entretenir de cordiales relations avec l'Hexagone et son magistrat suprême, il ne semble toujours pas question de lâcher un pouce de terrain en direction de dépenses publiques qui, selon le nouvel hôte de l'Elysée, sont indispensables à la relance de la croissance dans l'euroland. D'ailleurs le patron de la Bundesbank, Weidmann, a tempété ce week-end que le Pacte budgétaire n'était pas à retoquer et que la BCE avait des statuts dont il ne serait pas du tout raisonnable de toucher. Enfin, il a martelé que l'inflation dans le pays était source de préoccupation en écho à des voix exprimant un peu de laxisme possible à l'égard de la cherté des prix (l'Allemagne historiquement redoute les poussées inflationnistes depuis les années 20/30). Il est donc clair que la première puissance économique de l'Europe ne voudra pas déroger à sa ligne pure et dure des principes de gestion orthodoxe. L'OCDE a en outre tenu à s'impliquer dans un peu moins de fermeté sur les règles budgétaires en prônant l'instauration d'euro-bonds totalement contestés par les responsables germaniques.
Dans ce contexte, les supputations d'une sortie de la Grèce des 17 reviennent sur le devant de la scène. Barroso lui-même mentionne qu'une telle issue devait être envisagée si d'aventure le blocage au parlement se confirmait parce que la périphérique ne pourrait tenir ses engagements. On ne doit transiger avec une nation qui ne respecterait pas le contrat assure le président de la CE. Les débats sont relancés alors que les autorités sont au chevet de la périphérique depuis des mois au contraire pour éviter un tel dénouement dont on ne sait pas ce qu'il déclencherait ensuite ! La peur de l'inédit sans doute pour des membres européens ne s'étant pas du tout préparés à un précédent de cette nature... Les commentaires des Cassandre ne sont effectivement pas très encourageants de surcroît ! En revanche, tous ces tourments n'affectent pas véritablement le marché obligataire. Les taux à 10 ans sont stoïques. Italie, France, Portugal... Nous n'avons pas à dénombrer des tensions particulières. Sauf en Espagne où les 6% sont derechef touchés. La faute probable aux restructurations des banques. Il faudra continuer de scruter de très près la solvabilité des principales signatures souveraines sur notre rive ainsi que les adjudications sur les marchés cette semaine.
Techniquement, l'euro dollar se confine dans un risque baissier que nos services forex redoutent sur cette fracture avérée du 1.3000. D'après nos projections en raison du triangle rectangle annoncé dans une précédente analyse, nous sommes certainement dans un cycle de toboggan rouge avec en mire 1.2600. Il s'agit de notre approche de trading sur le couple de monnaies. Bien entendu, par le fait des rendez-vous importants à suivre durant les prochains jours, la nervosité devrait battre son plein en carnets d'ordres. Somme toute la vigueur de l'USD paraît évidente eu égard à une conjoncture instable. Au passage très belles manoeuvres de reverses sans coup férir de notre BB pour le trader suivant nos calculs du jour vendredi passé. Nous parions en ce lundi sur un range intraday conduisant les oscillations de 1.2845 à 1.2950. Sur le front des statistiques si aujourd'hui seule au menu la production industrielle dans la zone euro est attendue, dans les séances de day trading qui suivent, il sera question du ZEW allemand, baromètre de l'économie sur notre rive. Aux USA, les minutes de la Fed seront dévoilées quant au FOMC récent ; les ventes de détail ainsi que les différentes enquêtes manufacturières dans la région de New York ou de Philadelphie avant l'ouverture du G8 vendredi prochain jalonneront les transactions financières et boursières.
Balises
BB2 : 1.2813 BB : 1.2865 BH : 1.2950 BH2 : 1.2997
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