Faut-il hypocritement se réfugier dans des périphrases empreintes d'un euphémisme bienséant pour cataloguer la situation de délabrement de la haute finance ? Gageons volontiers qu'à la lueur des différents tableaux de cotations, nous sommes en pleine Bérézina ! Inutile de transiger par de faux-fuyants -ne faisant d'ailleurs déguerpir de la réalité plus personne tellement le panorama est catastrophique- : l'analyse euro dollar d'avant week-end intimait textuellement que "la maison Europe est en flammes". Pour s'en convaincre, il suffit de constater les performances des indices boursiers et des scores réalisés symétriquement par les actifs refuges. Si mai a été très difficile pour les segments risqués, ce mois qui vient de débuter augure de séances de trading tout aussi délicates pour des traders dont la résignation au pire est aussi grande que les doutes s'emparant dorénavant des instances européennes à redresser une économie en train de se disloquer.
Les nuages s'amoncellent sans vergogne dans les carnets d'ordres. Les transactions fusent au gré des déboires qui se précisent de manière terrifiante : Grèce, Italie, Portugal et surtout Espagne. Le secteur bancaire de la nation ibérique a bon dos en définitive car voici bien longtemps que Madrid est en proie aux difficultés : un chômage à quasi 25%, une récession, le pan immobilier tout entier qui s'effondre... et un Premier ministre qui ne daigne pas voir la véracité des faits en balayant toujours d'un revers dédaigneux de la main toute notion d'aide internationale... Rajoy voit-il au moins que la spéculation fait rage sur son endettement ? Les 6.5% et plus sur le 10 ans de l'obligataire se suffisent à eux seuls pour comprendre que l'impasse est inextricable. Merkel et Schäuble ce lundi dans les colonnes du "Der Speigel" prient le gouvernement espagnol afin qu'il ait recours au FESF en vue de recapitaliser les fonds des banques. Le magazine germanique estime qu'un plan de 50 à 90 milliards € est nécessaire histoire d'éloigner un embrasement systémique aux membres du sud de l'euro zone après la Grèce.
Les cambistes de tout poil attendent dans une appréhension évidente la réunion de mercredi de la BCE. Ainsi, eu égard à une aggravation du contexte conjoncturel, il est plausible aujourd'hui d'entrevoir dès le milieu de la semaine une action de la part de Draghi sur les taux d'intérêts de l'institution de Francfort. Néanmoins, bien que l'Italien ait laissé l'hypothèse accessible lors de ses récents discours, on sait pertinemment que les deux LTRO de décembre et février ont fortement échaudé le patron de l'institut d'émission étant donné que les établissements ayant "collecté" ces 1000 milliards € à 1% au total par ces opérations n'avaient pas joué le jeu, en ne les réinjectant pas dans le circuit réel, préférant les remettre en lieu sûr au détriment donc d'une reprise de l'activité pâtissant de cette frilosité dans le crédit. Somme toute, compte tenu des menaces qui planent sur le vieux sol, on peut penser raisonnablement que le refi puisse être abaissé de 25PdB, ce qui donnerait un peu d'air aux marchés financiers... à moins qu'un troisième LTRO ne soit rapidement mis en oeuvre ?! La BCE pourrait également racheter massivement de la dette souveraine directement. A moins que Draghi ne bouge pas d'un pouce pour mettre davantage la pression sur les dirigeants du continent ? Ce dernier scénario serait le plus risqué car que peut faire encore la gouvernance européenne sauf à agiter un peu plus la cacophonie ? Si tant est qu'elle ait pu faire quoi que ce soit dans le passé face à une construction des 27 et des 17 au bord du naufrage ?
En outre, le panorama mondial y va de ses mauvaises nouvelles. L'oncle Sam a de grandes difficultés à se dépêtrer du ralentissement de sa machine économique. Bilan, une croissance du PIB qui est corrigée au pessimisme et un marché de l'emploi qui a jeté un froid glacial vendredi passé. Le taux de chômage remonte à 8.2% mais surtout la bannière étoilée n'a pas créé autant de postes que ce qui était initialement prévu ! Bernanke va-t-il surgir comme il a coutume de le faire en pareil moment depuis des années qu'il pilote la Réserve fédérale ? En préparation un QE3 ? d'autres "opérations twist" ? Décidément les banquiers centraux ont a priori du pain sur la planche et l'été 2012 pourrait être très chaud s'agissant des manoeuvres d'assouplissement monétaire de part et d'autre de l'Atlantique ! Par ailleurs la Chine qui subit les affres de la morosité (PMI manufacturier impacté par la décélération itou) tandis que Pékin refuse de lancer un vaste plan pour encourager le retour à une dynamique plus forte comme cela avait été originellement évoqué suscite beaucoup d'interrogations au sein des salles de marchés.
Les traders auront de facto à l'oeil (hormis la réunion du comité de la BCE) cette semaine sur notre rive d'abord les commandes industrielles en Allemagne mais aussi la seconde estimation du PIB du système monétaire unique et les ventes de détail qui constitueront les principales attractions. Sur le plan macroéconomique aux USA, la balance commerciale, l'ISM des services et le Beige Book des 12 antennes de la Fed seront sur le gril et amèneront quelques éclaircissements alors que les courbes graphiques digèrent les très mauvais signaux émis sur les récentes sessions de day trading. Techniquement, l'euro dollar a obéi dans les grandes lignes à notre projection sur le marché des changes puisque dans le pire de la journée vécue, les cours sont allés tester sous 1.2300 à quelques encablures de pips le 1.2250. L'USD a lâché prise cependant à cause de la statistique du chômage qui a fait pâtir la force du billet vert. En revanche, sous 1.2450, l'appétit des vendeurs reste entier en dépit d'un coup de ressort possible après la raclée subie par les acheteurs sur mai. Toutefois, cette jambe baissière mérite effectivement au minimum du répit voire une bouffée d'oxygène naturelle aux phases de variation dans les cycles de trading. Un passage au-delà du 1.2470 par exemple inviterait à croire à un sursaut mécanique des prix ici. Range intraday prescrit : 1.2520/1.2375.
Balises
BB2 : 1.2351 BB : 1.2400 BH : 1.2485 BH2 : 1.2529
Essayez gratuitement pendant 1 mois et sans engagement la plateforme de trading Metatrader 4 et 5 ICI