Du grand guignol. Nous pourrions aisément nous laisser aller à ce genre de constat si la situation dramatique à Chypre n'imposait pas de la pudeur dans nos propos ! Le forex trading bien qu'amputé cette semaine du vendredi Saint avec un très long week-end de Pâques se profilant, risque néanmoins de connaître des séances de day trading extrêmement mouvementées. Ainsi, absolument tous les regards des cambistes convergeront vers l'île de la Méditerranée en ce lundi où se joue un acte d'une gravité sans précédent en zone euro. Les principaux protagonistes ont débattu sans cesse en se dédisant par des virages à 180° notamment sur cette fameuse taxe des dépôts. Bref, comme à son habitude, il règne un parfum de cacophonie nauséeux au sein du bloc des 17...
Les tractations pour sauver le soldat chypriote de la banqueroute entre les autorités du pays et les bailleurs de fonds durant tout le week-end n'ont pas manqué d'interloquer par des échanges partant dans tous les sens. Le rendez-vous a d'ailleurs très mal commencé parce qu'avec 4 heures de retard ! Ainsi, originellement l'eurogroupe proposait à Chypre de rassembler 5.8 milliards d'euros afin que la troïka daigne lui verser un emprunt de 10 milliards en vue d'esquiver le défaut de paiement. La solution d'une taxe bancaire frappant les "gros comptes" à partir de 100000 euros était soumise par les ministres du système monétaire unique. Sauf que les parlementaires de l'état ont voté contre une dime qui avait été transformée en cours de route pour imposer les dépôts à partir de seulement 20000 euros ! Par ailleurs, au sortir de ce rejet, le gouvernement jurait que jamais il n'y aurait de taxation sur les comptes directement, étant donné que cette mesure faisait gronder la rue de surcroît bien entendu...
Mais que ne voit-on aujourd'hui débattre à Bruxelles ? Cette loi de taxer les montants supérieurs à 100000 euros revenir en boomerang proposée par les grands argentiers de l'euro zone au gouvernement chypriote ! Celui-là même qui avait jeté aux orties par le le rejet au Parlement sans vergogne l'idée de l'eurogroupe ! "Tout ça pour ça" aurions-nous envie de lancer dans une incrédulité de bon aloi ! Néanmoins, l'addition est à géométrie variable tandis qu'au moment d'écrire ces lignes, la réunion ne venait que de débuter (nous n'avions alors aucun renseignement sûr quant à l'épilogue de la nuit belge !) : mauvaise pioche d'après les sources qui fuitaient pour les riches clients de la banque la plus importante, Bank Of Cyprus, qui devraient payer le plus lourd tribut par une décote de 20% des montants supérieurs donc à 100000 euros sur les livres de l'établissement. La deuxième banque de l'ïle, Popular Bank, devrait quant à elle être rayée de la carte tandis qu'un haircut au préalable d'environ 50% était en discussion... S'agissant des autres enseignes bancaires, les montants déposés sur les comptes au-delà des 100000 euros seraient impactés d'une taxe exceptionnelle de 4%. Parmi les 68 milliards d'euros déposés dans l'ensemble du système bancaire du pays, on dénote environ plus de la moitié (38 milliards) à même d'être soumis à l'un de ces barêmes servant au plan de sauvetage au final. Les instances politiques chypriotes conscientes de ces initiatives impopulaires ont décidé de contrôler les retraits dès la réouverture des guichets mardi. Il est clair que le second tour de "bank run" menace non seulement l'équilibre fragile de l'état mais aussi la stabilité financière chancelante de la zone euro par ricochet. A surveiller les réactions du Kremlin. Poutine ayant brandi la menace de liquider les stocks d'euros (il est évoqué que la Russie posséderait 400 milliards d'euros dans ses coffres au profit du billet vert) en cas de manoeuvres frappant les actifs des oligarques russes. Chaud devant...
Techniquement, les embardées du cross phare du marché des changes seront dictées spécifiquement par les réactions au compromis entre troïka et Chypre dans ce plan de sauvetage. Inutile d'alléguer que les communiqués des uns et des autres vont rythmer les prochaines heures de trading sur les devises. Les déclarations diplomatiques seront scrutées de près. Nul doute que l'épicentre de la crise chypriote est dorénavant à ... Moscou si un accord bien sûr est sorti du tour de table bruxellois. La capitale russe donnera le tempo vraisemblablement dans les transactions financières en carnets d'ordres. De plus, le phénomène de contagion aux autres membres de l'euro zone d'une défiance envers le système bancaire à la solde de Bruxelles si besoin était, ne va-t-il pas prendre le pas ? Autant de questions qui seront posées durant les jours de trading à venir. Les réponses si elles viennent se feront sentir dans les cours des actifs financiers ! Dès lors, nous reprenons notre credo d'une crainte de forts dégagements sur l'euro dollar sur fracture au sud du socle 1.2880 en direction du 1.2670 (61.8% de retracement phase verte 1.2040/1.3700). Un électrochoc à ne pas négliger de facto sur l'EUR/USD. Le couple malgré son redressement de vendredi dernier ne s'éloigne toujours pas du danger sous-jacent a priori. Il conviendrait aux courbes au minimum d'attraper 1.3050/80 pour voir les cambistes optimistes commencer à respirer. Trading intraday prescrit 1.3055/1.2830. Ce soir Bernanke sera à Londres.
Balises
BB2 : 1.2836 BB : 1.2900 BH : 1.3075 BH2 : 1.3138
Vous aussi vous regardez vos spreads avant de trader ? Normal... Sauf que beaucoup d'opérateurs désormais ne se soucient plus des écarts "achat/vente" ! Et pour cause : ils profitent d'un superbe service, le "SPREAD 0" !! Oui vous avez bien lu : il n'y a plus de spread pour vos opérations de trading et ce, sur forex, indices ou matières premières. Renseignements privilégiés ICI