L'ambiance euphorique à l'issue des décisions du conseil européen voici une dizaine de jours est remisée au placard. Déjà ! Le trading forex a donc indiqué aux instances des 27 que les aides arrachées par Monti et Rajoy au profit de l'Italie et de l'Espagne n'auront pas suffi à donner un air pérenne à la confiance des marchés financiers. Il est vrai qu'après Bruxelles, il a fallu traverser les rendez-vous de la BCE et de l'emploi américain notamment... Bilan : l'euro est projeté sur son creux annuel selon ce que nous avions suspecté dans notre analyse EUR/USD. Il est loin le temps du fier marubozu yang propulsant la paire phare du marché des changes de 200 pips sur la seule journée du vendredi en guise de salut du sommet européen ! Le dollar reprend des couleurs sur l'échiquier graphique grâce à son statut de valeur refuge...
Un rapide coup d'oeil sur la boussole des marchés, l'obligataire, indique clairement que les dissipations des craintes des cambistes ont fait long feu. Le 10 ans de Madrid revient toiser périlleusement les 7% et la signature de Rôme remonte au-delà des 6%. Rien à faire, la spéculation a pris comme vilains petits canards les troisième et quatrième économies d'Europe, n'en déplaise à ces accords entre les 27 sous l'impulsion d'un chantage en bonne et due forme des chefs de gouvernement de ces périphériques étant parvenus à faire plier la rétive chancelière Merkel s'agissant de ses principes à propos du MES dans un rôle d'acheteur de dettes souveraines et d'établissements bancaires secourus directement.
C'est finalement les propos de Draghi qui ont mis le feu aux poudres. En effet l'édile de la BCE s'il a comme convenu abaissé historiquement le taux directeur principal à 0.75%, ne veut pas servir de pompier de service pour toute intervention supplémentaire en faveur des états justement sur le marché de la dette publique. Ce programme en sommeil depuis février dernier le restera. Pas question non plus de mettre derechef sur la table des liquidités à foison par un LTRO numéro 3. Nous l'avons assez répété dans ces colonnes : les banques qui se sont gavées de ce cash remboursable à trois ans au taux préférentiel de 1% n'ont pas joué le jeu en conservant cette attitude frileuse sans prêter à l'économie réelle tandis que ces opérations LTRO originellement avaient été élaborées en ce sens. C'est pourquoi le président de l'institut d'émission ne souhaite renouveler l'expérience. En toute logique. Pour l'institution de Francfort, il incombe désormais aux états et aux banques de prendre leurs responsabilités étant entendu que "les banques centrales ne peuvent éternellement se substituer aux marchés financiers pour remplacer une intermédiation financière défaillante" dixit Noyer. Son compatriote siégeant aussi à la BCE, Coeuré, a également pris soin de renchérir sur le fait d'ériger en toute hâte un superviseur unique du secteur bancaire de l'euroland afin de stabiliser le plus rapidement la situation sur ce front impérativement.
Le coup de grâce est intervenu juste avant le baluchon du week-end par des créations de postes aux Etats-Unis beaucoup moins nourries que ce que les observateurs ne prévoyaient. La bannière étoilée dans son rapport mensuel sur le chômage a déçu. Cependant peut-être que ces 80000 nouveaux emplois au lieu de 100000 ne sont "pas assez mauvais" pour que la Fed ne daigne intervenir à coups de rames de dollars imprimées par les rotatives, histoire de donner le signal d'un troisième plan QE ! C'est pourquoi les dégagements ont été massifs en direction du billet vert jouissant de son caractère défensif sans subir d'éventuelles initiatives de la Réserve fédérale dans un proche avenir et dilutives sur sa valeur. Car ne nous y trompons pas : si le dollar grimpe contre la devise du système monétaire unique en Europe, ce n'est certainement pas par la vigueur de la santé de l'oncle Sam ! Gageons que ces mouvements réagissent par défaut de mieux sur notre rive. Le FMI présage d'ailleurs selon Lagarde que les prochaines annonces sur la croissance sur le vieux continent vont être pessimistes par rapport aux dernières prévisions, déjà corrigées à la baisse de surcroît. Outre-Atlantique, le panorama conjoncturel ne sera guère plus agréable à découvrir d'après la directrice générale de l'organisation de Washington au moment où les émergents, Chine et Brésil en tête, sont sur le point de flancher à leur tour.
Techniquement l'euro dollar a réagi négativement à l'aune de notre analyse sur le marché des devises. Désormais face à une cascade de chandeliers noirs s'étirant de toute leur longueur en vue de projeter à terre les intérêts des acheteurs du couple de monnaies, ce nouveau bas vieux de deux ans pourrait tempérer dorénavant les ardeurs du trader forex. En cette entame de semaine, les cambistes scruteront sans grand émoi l'eurogroupe du jour parce que, a priori, rien ne sera décidé sur le sort de l'Espagne par exemple. Il appert que des effets d'annonces seraient prévus pour le 20 de ce mois à la prochaine entrevue des 17 grands argentiers. Pourtant il y a matière à discussion compte tenu des lourds dossiers... Peut-être sera-t-il prévu de statuer d'abord sur le cas personnel de Schäuble et Moscovici dont on entend bruisser qu'il s'agirait du ticket gagnant d'une présidente tournante "fifty/fifty" de l'eurogroupe ? Au réveil, la Chine publiera son degré d'inflation avec l'IPC et après avoir baissé la semaine dernière par surprise ses taux. Les trimestriels des blue chips animeront la cote des places boursières avec le coup d'envoi comme de coutume par Alcoa. Par une construction peu encline à des poses vertes, nous préférons trader à partir de nos jalons de trading intraday. Il est nécessaire de mesurer comment les prix vont négocier le virage de ces fortes ventes sur l'EUR. Essayons un range de day trading valant 1.2350/1.2200. Inutile de rappeler que nous proscrivons toujours les poses aventureuses en call pour profiter d'un hypothétique rebond tant que nous sommes coiffés du 1.2450 pour l'instant.
Balises
BB2 : 1.2192 BB : 1.2240 BH : 1.2345 BH2 : 1.2397
Réaliser plus de 85% de gains ? C'est possible avec les options binaires ! Essayez-vous à notre plateforme leader sur le marché ICI
