La France met la pression sur l'Allemagne. Le forex trading a donc pris acte hier que Paris souhaitait une enveloppe du filet de secours européen garnie de 1000 milliards d'euros à l'instar de ce qu'évoquait il y a quelques jours le FMI. En cette réunion de l'eurogroupe devant statuer sur le sort du pare-feu en question à Copenhague, Merkel risque de se frotter diplomatiquement avec ses partenaires à cette occasion. Berlin ne désire finalement qu'une juxtaposition des deux systèmes actuels MES et FESF, lesquels ne garantissant que 700 milliards €. Les tractations en Scandinavie devraient être derechef âpres pour des instances du vieux sol ne manquant jamais le coche pour se frictionner.
Pour l'OCDE à travers son rapport sur la conjoncture économique, si la reprise économique en particulier au sein des grands pays industrialisés doit se vérifier au cours de 2012, c'est la cherté du pétrole qui est à même de jouer au rabat-joie. En effet un baril adoubant un "choc pétrolier" (passant presque inaperçu) est le trublion parfait pour étouffer tout regain de ferveur de l'activité dans le monde. De surcroît, si le PIB mondial souffre des cours de l'énergie, l'inflation dans le même temps trouverait là un terreau propice à sa propagation.
Outre-Rhin, la bonne ambiance se vérifie sur le front du chômage parce qu'avec un taux à 6.7%, outre-Rhin on salue le niveau historique le plus bas observé. Gageons que si l'Hexagone prend pour modèle la gestion germanique, il doit y avoir une raison... et l'emploi symbolise à lui seul le parangon de vertu allemand... Autre indication positive sur le vieux continent, l'Italie, qui en parvenant à placer 8 milliards € d'obligations en moyen terme confirme des rendements en baisse sur le papier à 10 ans du pays à 5.24% versus 5.50% lors de la précédente adjudication.
En revanche, au Portugal, la sinistrose s'installe paisiblement puisque le gouvernement redoute de réaliser de nouvelles cures d'austérité afin d'endiguer l'hémorragie des dettes. Lisbonne déjà sous assistance internationale a allégué hier que la récession devrait être très forte dans la périphérique ibérique cette année (-3.4% pour le PIB) alors que 2013 tout au mieux c'est juste une stagnation de l'économie à laquelle s'attend le gouvernement. Les traders doutent enfin de la capacité du Portugal à revenir sur le marché obligataire en septembre 2013 alors que le papier souverain à 10 ans culmine toujours autour des 13%. On craint en coulisse que l'état soit amené à quémander des subsides supplémentaires à l'UE et au FMI sous quelques mois. Les terres du sud de l'Europe ravivent qui plus est les craintes avec l'Italie qui doit ratifier les réformes du travail (Monti serait prêt à jeter l'éponge si les parlementaires n'acceptaient pas le texte) et l'Espagne qui ce vendredi présentera son budget. Madrid et Rôme agitent le spectre de la contagion de l'assistanat selon ce qui circulait en coulisse dans les salles de marchés hier...
A l'aune de ce que nous relations hier en l'occurrence, les pays émergents se disent inquiets de tous ces tombereaux de liquidités déversés par les autorités monétaires au travers des LTRO (BCE) et autres QE (Fed) qui n'encouragent que la spéculation contrairement à leur dessein originel de relancer l'activité mondiale. Les BRICs veulent que chacun adopte une politique responsable et qu'au lieu d'inonder les circuits de monnaies sonnantes et trébuchantes, il serait plus efficace que les grandes puissances économiques songent à se restructurer en faveur de la croissance, elle même créatrice d'emplois, sic.
Techniquement, la paire phare du marché des changes a invalidé notre opinion positive sur les cours en fracturant intraday le seuil du 1.3280. L'aversion au risque revenait sur le devant de la scène alors que sur le cac 40 comme l'ensemble des places boursières, les dégagements des investisseurs soldant leurs positions gagnantes du trimestre ont dû porter un coup au moral aux cambistes in fine. La bougie de jeudi sur l'échiquier graphique est sujette à caution mais sous 1.3270, on ne peut prendre le risque de croire à un rebond de bon aloi. L'agenda macroéconomique met sur le gril en zone euro l'inflation par l'IPC dont on attend 2.5%. Aux Etats-Unis, nous prendrons connaissance des dépenses et revenus des ménages, du PMI de Chicago et enfin du consommateur du Michigan. En cett ultime séance de day trading avant le week-end, nous pronostiquons une volatilité en recrudescence avec en fourchette 1.3200 et 1.3350.
Balises
BB2 : 1.3170 BB : 1.3223 BH : 1.3333 BH2 : 1.3380
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