C'est désormais l'heure des comptes après le sommet de l'UE. La valse des milliards € occupe la piste tandis que dansent en parallèle les projections économiques sur les accords de Bruxelles de la semaine dernière.
"La crise européenne n'est pas finie" dixit le futur retraité Trichet de la BCE. Mais avait-on besoin réellement de cette confirmation du Français ? Personne n'est dupe bien entendu. Au final, Merkel, Sarkozy et consorts repoussent de quelques mois l'irrémédiable problématique de la dette souveraine sur le vieux sol. Car, les résolutions prises si elles sont tout de même plus importantes que lors des précédents rendez-vous diplomatiques ne s'attachent qu'à colmater les brèches en surface. Le fond de l'affaire va continuer insidieusement à assombrir le tableau : le temps va inéluctablement ternir l'oeuvre toute fraîche dépeinte à coups d'abandon de la moitié des crédits grecs, d'une recapitalisation des banques et de la multiplication par deux et demi de la puissance du FESF.
Les autorités se sont empressées de faire table rase des écueils de l'endettement sous la pression des marchés financiers qui avaient perdu patience. Soit ! Les lois économiques vont pouvoir mâter de leurs lois toutes ces décisions en aval. Quid dorénavant d'une récession coriace avec déjà un chômage à 16% en Grèce ? La situation du pays peut-elle permettre à Athènes de tenir debout à terme ? L'Italie et son endettement de 120% est-elle capable sérieusement de subir un dégraissage austère dans ses finances publiques ? La France qui revoit drastiquement sa croissance l'an prochain conservera-t-elle son triple A ? Le FESF livré en pâture aux intérêts des émergents n'est-il pas un formidable tremplin pour Pékin s'agissant de continuer sa politique monétaire déloyale par un renminbi sous-évalué ? Voilà quelques interrogations qui sont autant d'abcès en devenir à même de tuer dans l'oeuf ce méga plan de sauvetage de l'euroland.
D'ailleurs au lendemain de la réunion, dans le dédale d'une certaine euphorie ayant bercé les places financières, les cambistes ont eu un froid lorsqu'ils virent que Rome empruntait à plus de 6% sur les marchés. La signature italienne sur le 10 ans ne parvenait pas à rassurer les investisseurs in fine. C'est dire si la confiance commençait à s'éroder après que le champagne ait été sablé plus que de raison, selon ce qu'au Foxy Trading Club nous argumentions dans la précédente édition du forex EUR/USD. Les observateurs vont avoir du grain à moudre ces prochains jours puisque bien sûr aura lieu jeudi et vendredi le G20 de Cannes qui entérinera les "avancées" bruxelloises. Peut-être aura-t-on d'autres pistes surprises avec les autres nationalités présentes sur la Cote d'Azur ? Aussi, les banques centrales us et européenne réuniront leur conseil de politique monétaire mercredi et jeudi. Bernanke tiendra à cet égard une conférence de presse : le chef de la Fed lancera-t-il une nouvelle action de monnaie quantitative immédiatement ? Beaucoup en doutent avec des signaux revenant dans le vert pâle outre-Atlantique (dans ce contexte, mardi l'ISM manufacturier pourrait être déterminant sur la décision du FOMC de faire plus ou pas dans sa quête accommodante envers les marchés compte tenu d'une croissance du PIB de troisième trimestre ressortie conforme à 2.5%) ; Draghi à la BCE osera-t-il pour son baptême du feu à la tête de l'institution baisser le refi ? On peut supposer que le statu quo sera reconduit étant donné les récentes déclarations de Trichet sur la stabilité des prix (à ce titre, ce lundi matin, l'IPC flash prévu à 3% sera scruté par les salles de trading). Enfin, vendredi prochain, par la publication du rapport sur l'emploi aux Etats-Unis, les opérateurs se feront une idée plus précise de l'état de santé de l'oncle Sam. Bref, la semaine sera intense et riche en événements : des remous sur le marché des devises doivent être suspectés en l'occurrence au sortir de cette vague d'optimisme ayant déferlé sur les sessions précédentes. Attention à ces lendemains de gueule de bois...
Techniquement, l'EUR/USD digère la variation empirique sur puissant marubozu yang. Perchés au 1.4200, les cours semblent réfléchir de la suite à donner à la dynamique. Ce mouvement hâtif mérite au moins de la consolidation et nous verrions bien un repli de bon aloi vers le milieu de la bougie blanche (1.4030) si le 1.4200 se dressait en résistance. En filigrane tel est le pari auquel nous croyons. Outre l'inflation de l'euro zone, le chômage sera publié alors que de l'autre côté de l'océan il sera question du PMI de Chicago.
Balises
BB2 : 1.4036 BB : 1.4083 BH : 1.4186 BH2 : 1.4253
