Au Foxy Trading Club on ne rechigne pas à noircir le tableau comme si les carottes étaient déjà cuites ! Pourtant, ne fait-on pas seulement qu'interpréter tout haut ce que les divers signaux de la haute finance nous envoient tout bas ?
Les salles de marchés relatons-nous régulièrement ne croient plus au messie. La spéculation peut bien endosser à son compte les changements à la tête de l'exécutif dans moult périphériques, ni Papadémos en Grèce, ni Monti en Italie, ni Rajoy en Espagne ne bénéficient d'un état de grâce aux yeux des cambistes. La situation est telle qu'elle n'engendre plus le moindre enthousiasme sur l'idée de sauveurs éventuels de ces nations au bord de l'asphyxie. Quand on voit au lendemain de la victoire du parti conservateur espagnol que le papier à 10 ans se tend encore par rapport à vendredi dernier, force est de reconnaître que le ressort est cassé. Idem avec les obligations de Rôme. S'agisssant d'Athènes, les créanciers redoutent qu'en février 2012 au moment des élections anticipées, Samaras ne veuille rebattre les cartes des mesures d'austérité imposées par la troïka des bailleurs de fonds : de facto, à Bruxelles le chantage du blocage de la sixième tranche de crédit dont a un besoin impérieux le pays afin d'éviter tout incident de paiement est remis sur le tapis.
La locomotive allemande poursuit dans son refus catégorique à ce que la BCE soit davantage sollicitée par les membres de l'euro zone pour qu'elle puisse racheter massivement des obligations sur l'autel d'une indépendance totale de l'institution de Francfort. Draghi n'a d'ailleurs rien dit d'autre en déclinant toute manoeuvre en ce sens. De surcroît, le porte-parole de Merkel réitère l'hostilité de la chancelière à toute création d'euro-bonds visant dans l'actuel panorama à mutualiser les dettes de l'euroland. On le comprend une fois encore : les 17 souffrent inéluctablement d'une gouvernance qui tire à hue et à dia selon les intêrets nationaux de chacun.
Enfin, Moody's est derechef montée au créneau face à la position française : le triple A très chancelant n'attend plus qu'une légère brise pour choir ! L'agence de notation qui a mis le doigt sur la note de Paris voici quelques semaines revient à la charge cette fois en déclarant que l'augmentation du taux d'emprunt de l'Hexagone enfonce chaque jour un peu plus le clou au vu aussi des perspectives de croissance de la deuxième puissance économique du vieux sol. Il est vrai que désormais la France voit sa signature largement discutée avec des OAT à 10 ans se négociant à plus de 3.50% alors que durant l'été le taux avoisinait les 2.5%. Rappelons tout de même qu'une hausse de 100PdB à périmètre constant sur un an coûterait la bagatelle de 20 milliards d'euros supplémentaires en intérêts !
Enfin, aux USA, l'administration est toujours en proie aux dissensions dans la commission bipartite (Démocrate et Républicain) qui statue sur un accord à propos d'économies budgétaires de 1200 milliards $ à réaliser sur les 10 prochaines années. Pour le moment l'impasse semble se profiler et avec elle, nous pourrions revivre l'épisode du relèvement du plafond de la dette de cet été... qui valut la sanction à l'oncle Sam par Standard & Poor's sur sa notation. Gare à la date butoir fixée au Thanksgiving donc.
Nécessairement l'alourdissement de l'atmosphère pèse sur la paire phare du forex. Le refuge USD reprend du galon auprès des opérateurs. L'euro est acculé dans les cordes sans toutefois rencontrer une grosse désaffection : le 1.3400$ tient la corde dans le jeu des dégagements sur la devise unique européenne. Notre biais baissier conserve toute sa saveur bien entendu. Sur le calendrier macroéconomique, la bannière étoilée nous présentera une lecture de sa croissance avec le PIB. Evidemment la communauté aura à coeur de prendre le pouls de l'activité américaine tandis que dans la soirée, le procès-verbal du récent FOMC sera publié. Là aussi, il faudra être vigilant sur le communiqué pour en distinguer les aides possibles de la Fed.
Balises
BB2 : 1.3360 BB : 1.3415 BH : 1.3517 BH2 : 1.3571
