Tandis que d'aucuns se précipitent dans le vent fantasmagorique des nominations à la tête de l'exécutif grec et italien, avec l'idée d'hommes povidentiels qui vont relever la situation budgétaire d'Athènes et Rôme, au Foxy Trading Club nous préférons nous tourner vers le pragmatisme des résultats chiffrés à la suite de l'arrivée de Papadémos et de Monti.
De fait, l'oeil avisé sur le marché obligataire, véritable boussole du degré de confiance envers la solvabilité souveraine, le papier à 10 ans toujours au-dessus des 7% nous apprend finalement que la botte reste largement suspectée sur la manière de se relever de son endettement à 120% du PIB nonobstant la volonté affichée par le président du conseil alias le Ministre de l'Economie du pays. Quant à la nation hellène, ils sont vraiment très rares celles et ceux qui oseraient parier une.. drachme sur le challenge auquel s'attaque le premier ministre fraîchement intronisé ! Pour les élections anticipées de 2012, le décor est planté : Samaras du camp opposé à Papandréou a déjà fait savoir qu'il envisageait une large victoire de son parti, ce qui lui permettrait de renégocier les accords de Bruxelles !
Bref, nous sommes loin de l'ambiance enjouée de quelques colonnes traitant de la haute finance veulent bien décrire, histoire de grimer la réalité. Les salles de trading n'ont plus confiance aux autorités nationales des périphériques. Le ressort est cassé et il va falloir que les politiques s'emploient pour convaincre, autrement que par de beaux discours même relayés en boucle par des médias acquis à la cause européenne. L'Espagne est de son côté très regardée aussi alors que dimanche le scrutin législatif sacrera certainement l'opposition qui se prépare à des jours difficiles afin d'adopter au plus vite les mesures draconiennes pour éviter le sauvetage terrifiant comme son voisin portugais. Madrid a emprunté 3.6 milliards € hier à l'insoutenable taux de 7%...
Merkel ne reste pas les bras croisés après les propos en l'occurrence de la diplomatie française sur la notion d'une prise en charge plus importante des créances par la BCE, à l'aune d'une Fed aux USA qui éponge régulièrement les actifs toxiques : la chancelière a simplement annoncé que les politiciens qui pensent que l'institut de Francfort serait la solution, se mettent le doigt dans l'oeil grosso modo. Quant à Obama qui s'est érigé en Don Quichotte prodiguant de "bons conseils" à l'Europe, faut-il lui rappeler que cette semaine la dette de l'oncle Sam vient de dépasser dans l'allégresse les 15000 milliards $ ? L'incident est clos.
Fatalement, l'euro dollar continue à être sous pression. Le spread entre la signature allemande et française dépasse dorénavant les 200PdB alimentant de plus belle les supputations de la prochaine perte du triple A hexagonal, ce qui aurait de graves répercussions dans l'équilibre de l'euroland, si tant est qu'il en soit encore question de nos jours au regard de l'assise plus que chancelante des 17... Techniquement, les cours font durer le suspens sans titiller de près le 1.3400. Nous persévérons à nous orienter au sud sur la paire phare du forex étant donné la construction graphique peu engageante. Draghi sera au micro pour une conférence en Allemagne ce matin. Les USA publieront les indicateurs avancés du Conference Board avant de faire le baluchon du week-end.
Balises
BB2 : 1.3371 BB : 1.3445 BH : 1.3570 BH2 : 1.3617
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