L'Allemagne est vraiment le refuge par excellence en ces temps assez sombres sur la zone euro. Après une émission sur le monétaire ayant permis à Berlin de s'endetter à taux négatif, voici que mercredi la première puissance économique européenne a levé des fonds sur l'obligataire à 5 ans à un taux inédit de moins de 1%. Plus que jamais, il y a la locomotive... et le reste des wagons ; la question étant : le train pourra-t-il continuer sa vitesse de croisière avec un chargement de plus en plus lourd à tirer au fur et à mesure que nous progressons dans le brouillard de la crise ? Pour preuve, la zone euro a rendu sa copie d'un PIB de troisième trimestre ressorti moins fort qu'attendu à seulement 0.1%.
La récession menaçant l'euroland donc (scénario corroboré par diverses études), Draghi pilotera aujourd'hui la réunion de politique monétaire de la BCE. Si l'on ne prévoit aucun changement, quelques cambistes estiment que le patron de l'institut d'émission pourrait encore lâcher du mou sur le circuit interbancaire tandis que l'opération précédente s'est soldée par un échec tant l'assèchement des liquidités est flagrant avec des banques très nombreuses à apporter les euros aux guichets de l'institution de Francfort, signe que la défiance est le fil d'Ariane des transactions actuellement.
Les consultations des autorités se sont également poursuivies hier avec d'un côté le tandem Sarkozy-Lagarde et de l'autre le duo Monti-Merkel... Il est clair que par ce remue-ménage diplomatique, les instances doivent peaufiner la stratégie globale afin d'endiguer tout effet nauséabond de contagion. La Grèce est sans cesse dans le collimateur de la spéculation quand l'Italie, l'Espagne et à nouveau l'Irlande reviennent en boomerang à la face de la communauté financière avec leurs problèmes récurrents respectifs. Puis, désormais hors zone euro, les affres de la Hongrie se précisent en parallèle... La chancelière allemande fait montre d'un soutien sans faille (a priori !) à la monnaie unique et à la région puisqu'elle a déclaré que son pays était prêt à injecter du capital de façon plus vigoureuse que ce qui était annoncé dans le fameux MES dont la naissance devrait être prématurément officialisée cet été. Est-ce un aveu en reconnaissant qu'il faille instaurer des filets plus costauds encore et en précipitant le mouvement en vue de stopper une chute programmée de certaines nations parmi les 17 ?
Il n'empêche que techniquement, au Foxy Trading Club nous disions toute notre méfiance envers la paire phare du forex. L'euro dollar sous 1.2880 est en proie à des dégagements dans les carnets d'ordres relations-nous dans les précédentes analyses forex. Un reflux des prix en direction du 1.2500 est supposé être la bonne hypothèse en tous les cas. L'architecture des bougies ne milite pas pour initier des poses en swing long in fine. En pareille compagnie, nous ne saurions que trop vous recommander de trader sur les jalons intraday d'autant que les nuages s'amoncellent dans le ciel de la haute finance.
Aujourd'hui, dès potron-minet, la Chine avouera son degré d'inflation (IPC) dont on prévoit une légère accalmie avec au compteur un taux à 4%. Evidemment, les opérateurs de trading scruteront de près le chiffre pour voir si Pékin réussit son pari de ralentir la surchauffe de la machine dans l'ex-Empire du Milieu, étant donné l'envolée de l'excédent commercial annoncé en début de semaine. La production industrielle sera confirmée en Europe ce matin par ailleurs alors que sur l'autre rive de l'océan, nous prendrons acte des ventes de détail et des allocations hebdomadaires au chômage chez l'oncle Sam. Sur le planisphère graphique, l'USD est en position avantageuse et pourrait bien tirer au sud les cours. Gare à des extensions en excès de variation sur les propos fusant de la conférence de presse de la BCE dans l'après-midi...
Balises
BB2 : 1.2549 BB : 1.2636 BH : 1.2750 BH2 : 1.2843
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